ZIP de Saint-Nazaire : un réaménagement XXL

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Ce projet en cours de réalisation a pour ambition de faciliter la circulation logistique et urbaine de la zone industrialo-portuaire de Saint-Nazaire. Un dossier modèle, qui a su associer en bonne intelligence acteurs publics et privés, en vue de garantir la compétitivité industrielle et donc l’attractivité du territoire.

A proximité immédiate de la ville de Saint-Nazaire, sur 200 hectares, s’étend la zone industrialo-portuaire (ZIP).  Cette aire constitue un axe stratégique permettant d’accéder à une cinquantaine d’entreprises, dont STX. Elle accueille notamment le cœur des filières régionales de l’aéronautique, de la construction navale ainsi que de la construction métallique et mécanique. Sans oublier la filière EMR émergente.

La réponse à un besoin industriel

Le réaménagement de cette zone a été décidé, selon les mots de David Samzun, maire de Saint-Nazaire et président de la Carene, « afin de répondre à un besoin important, urgent, des industriels, concernant des problématiques d’accessibilité des colis XXL, de sécurité, de stationnement et surtout de compétitivité des entreprises. »

A l’origine du projet, le DG de STX France, Laurent Castaing, voulait que son portique puisse traiter des bateaux de plus grande taille. Une ambition qui nécessitait une emprise soit sur la mer, soit sur la terre. C’est cette dernière solution, forcément plus aisée à mettre en œuvre, qui a été retenue.

Boulevard Apprentis ZIP Saint-Nazaire Ecopolitan 5

Vue du boulevard des Apprentis – ©Ville de Saint-Nazaire-ADDRN

Le projet d’aménagement actuellement en cours de réalisation comprend plusieurs volets. Il passe d’abord par le détournement du boulevard des Apprentis, repoussé d’une centaine de mètres au nord et dimensionné pour permettre le passage de colis volumineux. « Dévoyer ce boulevard, c’est permettre un meilleur adressage, un plus grand confort, donc une compétitivité plus grande et une augmentation de la zone de pré-montage. Au regard de son carnet de commandes, STX n’aurait pas pu construire tous les blocs sur la zone. On a donc apporté une réponse à un besoin industriel », souligne David Samzun. « Cette nouvelle aire, qui devrait être opérationnelle fin novembre, nous fait gagner une surface comprise entre 15 000 et 17 000 mètres carrés et une capacité de presque 30%, confirme Alban Moyon, chef de projet chez STX France. Cela nous permet de garder l’activité à Saint-Nazaire plutôt que de la sous-traiter. »

Une requalification globale de la zone

STX n’est pas la seule entreprise intéressée par le projet d’aménagement du boulevard. Jean-Noël Boutin, responsable d’unité autonome de production chez Sides, se souvient : « Nous avons été contactés par la Carene et la mairie de Saint-Nazaire qui nous ont présenté le projet. Ils ont proposé qu’on récupère une partie du terrain et de la route Sadi Lecointe. » Jusque-là, Sides supportait d’avoir son site coupé en deux par la rue Lecointe. Le dévoiement du boulevard donne l’occasion à l’entreprise d’être regroupée en une seule entité. « Cela nous permet également de revoir notre entrée dans le site, commente Jean-Noël Boutin. Auparavant, elle se faisait par la rue de Trignac avec beaucoup de riverains qui subissaient de fortes nuisances. Une fois les travaux terminés, en juin, l’entrée principale sera située sur le nouveau boulevard. »

De même, pour Stelia aérospace, le dévoiement du boulevard a permis de réinternaliser le parking qui se trouvait jusqu’ici de l’autre côté de la route. Une configuration qui posait des problèmes de sécurité du fait de la densité de circulation sur cette artère.

Chiffres clés

– Une aire de 200 hectares
– Une cinquantaine d’entreprises concernées, représentant 6000 emplois sur la zone
– Une mise en service progressive, avec une réouverture à la circulation à partir de juin 2018
– 21 mètres, c’est la largeur du nouveau boulevard des apprentis, conçu pour transporter des colis hors normes
– Coût total du projet : 29 M€, dont 13,2 M€ affecté au dévoiement du boulevard des Apprentis

Au-delà de la seule modification du tracé du boulevard des Apprentis, ce projet d’aménagement entre dans le cadre plus global d’une requalification de la ZIP. « On a conjugué le besoin industriel avec l’amélioration de la vie des habitants du quartier », souligne David Samzun. Le quartier de Méan Penhoet va ainsi bénéficier d’une revalorisation. Au cours du second semestre, un merlon paysager sera donc installé. Il permettra d’une part de protéger les habitants des nuisances sonores et d’autre part d’offrir en toute sécurité aux touristes un panorama sur la zone industrielle, et en particulier sur le portique géant de STX.

Par ailleurs, Nantes Saint-Nazaire Port profite lui aussi du projet pour adapter ses outils. Il a ainsi engagé jusqu’en 2020 un programme de modernisation de ses ouvrages maritimes attenant aux bassins : écluses sud et est, pont du Pertuis et forme Joubert.

 « Un alignement des planètes »

Au total, le projet de réaménagement de la ZIP devrait coûter près de 30 M€. « Quand les infrastructures dysfonctionnent, tout le monde tousse, rappelle David Samzun. Voilà pourquoi on a mobilisé autant d’argent. » Outre l’État, le Grand Port et les collectivités locales (Région, Département, Carene et Ville de Saint-Nazaire), les entreprises ont participé au financement du projet. STX a ainsi mis 2,7 M€ sur la table. Sides, de son côté, annonce une enveloppe comprise entre 100 et 200 k€.

Nicolas Derouault DG IDEA ZIP SaintNazaire Ecopolitan 5

Nicolas Derouault, DG délégué d’IDEA. ©NL

Au vu de l’ampleur du projet et du nombre d’acteurs qui se sont retrouvés autour de la table avec des problématiques diverses, on aurait pu redouter une foire d’empoigne. Mais la conduite du projet semble, au contraire, faire l’unanimité. Nicolas Derouault, DG délégué d’IDÉA, opérateur logistique qui travaille aussi bien avec STX qu’Airbus, Stelia ou Man Diesel & Turbo, s’enthousiasme. « Il n’y a pas eu d’effet de posture. Tous ces acteurs se connaissent, ont la même envie de développer leurs usines et c’était aussi le bon moment pour lancer des investissements. Nous avons connu un véritable alignement des planètes », estime-t-il. Et de vanter « un projet exemplaire, qui permet d’avoir une vue sur plusieurs années pour que ces usines puissent demain être des pôles d’excellence. » « Un travail important a été mené avec le Grand Port, l’Etat, les collectivités et les industriels. On a su travailler ensemble », renchérit David Samzun. Le maire de Saint-Nazaire estime notamment logique que les industriels aient été présents autour de la table « pour vérifier que le projet était pertinent et qu’il réponde aux besoins de chacun. »

Remettant le projet en perspective, Nicolas Derouault commente : « Ce dossier n’est qu’un épiphénomène d’une problématique plus globale : comment on maintient une zone industrielle dans une ville comme Saint-Nazaire, qui est un cul de sac géographique ? »

Pour lui, ce réaménagement XXL n’était pas forcément la voie la plus simple, mais il « permet d’une part que cette zone soit confirmée dans son activité industrielle et, d’autre part, d’être un levier pour que les entreprises qui y sont implantées puissent se développer. » Il évite surtout un déménagement complet d’usines, avec le risque que ce soit dans un autre pays…

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