Nantes : Les Halles à l’orée de leur seconde vie

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La mutation des anciennes Halles Alstom, désormais baptisées « les Halles », doit être achevée en 2020. Avec deux mots d’ordre : ouverture et créativité… y compris culinaire. Revue de détails d’un projet ambitieux.

En 2001, le groupe Alstom cesse son activité à l’Ouest de l’Île de Nantes. Les Halles sont alors rachetées par la communauté urbaine (aujourd’hui Nantes Métropole). Il faut trouver un avenir à ses 26 000 m2 de friches industrielles qui, très vite, deviennent un creuset de création, temporaire et multiforme. Artistes, entrepreneurs créatifs, évènements culturels… C’est sur ce terreau et au cours de dix années de maturation qu’un vaste projet d’aménagement a émergé.  « Pendant cette période, le lieu a fonctionné un peu comme un tiers lieu, explique Jean-Luc Charles, DG de la Samoa, société d’aménagement de la métropole ouest Atlantique. En 2003, nous nous sommes installés au cœur des Halles. Peu à peu, elles sont devenues l’un des principaux épicentres nantais de la création. »

Un hôtel d’entreprises innovantes

Un temps éloignées du fait du chantier, les entreprises vont prochainement faire leur retour en force dans les lieux. Après l’École des Beaux-Arts Nantes-Saint Nazaire en 2017 et le pôle universitaire dédié aux cultures numériques de l’Université de Nantes, qui ouvrira ses portes en septembre prochain, l’hôtel d’entreprises innovantes s’installera au cours du second semestre. 6000 m2 pour une trentaine d’entreprises, dont une quinzaine de start-up. « Les entreprises choisies sont plutôt en lien avec le numérique, précise Francky Trichet, adjoint de la maire de Nantes et conseiller métropolitain en charge de l’Innovation et du Numérique. Certaines viennent du Quartier de la création, d’autres s’installeront à Nantes à cette occasion. Nous voulons créer une diversité pour ne pas avoir, par exemple, plusieurs agences de communication numérique. On aimerait accueillir plus de start-up en lien avec la recherche et la santé. »

C’est la Cantine Numérique qui sera chargée d’animer le lieu et de favoriser les échanges. « Nous allons faire vivre ce lieu en y organisant des événements, en recevant des délégations, en générant des croisements entre différentes populations et en proposant des espaces de coworking », résume Adrien Poggetti, directeur de La Cantine.

 Un lieu d’expérimentation

Les Halles Plan situation Projection ECOPOLITAN

Plan de situation des Halles à leur achèvement en 2020

Favoriser les rencontres entre les industries culturelles et créatives (ICC) et les entreprises du numérique est également l’une des volontés affichées par Nantes Métropole et la Samoa. L’un des points névralgiques des Halles sera sans conteste le « tiers lieu créatif », animé par la Créative Factory, qui ouvrira ses portes en 2020. Deux halles qui, sur 3400 m2, seront destinées à l’expérimentation et à la création en favorisant le mélange des genres et des disciplines.

S’y trouveront, un design lab, un fab lab, un hôtel d’entreprises accueillant les porteurs de projets et entrepreneurs des ICC, mais aussi dix salles d’une capacité totale de 700 personnes pour organiser des évènements… « Les entreprises auront la capacité de trouver sur ce site toutes les opportunités pour s’initier ou accompagner des projets créatifs avec un institut universitaire, une plateforme avec des acteurs économiques, un établissement de formation et de recherche ou l’École des Beaux-Arts, explique Jean-Luc Charles. Chaque entrepreneur pourra accomplir un parcours créatif. Au sein de la Créative Factory, nous avions pu par exemple développer une réflexion sur les nouvelles résidences étudiantes avec des promoteurs, des designers, des étudiants… Le fait d’avoir tout au même endroit permettra de prototyper de manière plus aisée ce type de projet. »

Un food hall de 380 places

Ne pas fermer l’espace sur lui-même est une volonté forte des initiateurs. « La spécificité de ce lieu est la transdisciplinarité et le fait qu’il s’agit vraiment d’un quartier, avec ses habitants, ses artistes, ses touristes, ses entreprises, ses étudiants… où les industries créatives sont au service de la ville dans toutes ses composantes. On travaille sur ses usages, services, objets… Le pari était de transformer une friche industrielle en morceau de ville, en pièce urbaine… C’est en quelque sorte la métropole du 21ème siècle qu’on est en train de façonner », relève Jean-Luc Charles.

Vue Food Hall 2020 Projection ECOPOLITAN

Vue du futur food hall qui ouvrira ses portes au second semestre 2020 et qui a vocation à devenir un véritable lieu de vie, avec un programme d’animations ©DLW Architectes/Airstudio/Samoa

Témoin de cette volonté de mélange et d’ouverture, un food hall ouvrira ses portes au second semestre 2020.  10 à 12 restaurants « de poche », installés dans des kiosques, proposeront une restauration basée sur des produits locaux et de saison et une cuisine… créative, pour rester dans l’esprit du lieu. En excluant les offres liées à une chaîne ou une franchise. « Il s’agira d’un lieu de vie qui accueillera les visiteurs tout au long de la journée, explique Elyssa Sfar, directrice de la communication du Groupe Chessé, une des responsables du projet food hall. Bien sûr, les personnes seront invitées à consommer, mais nous voulons aussi qu’elles puissent profiter des espaces pour se reposer, organiser une réunion… Ce n’est pas une forme de restauration classique, nous favoriserons aussi la programmation d’animations… Nous proposons également un kiosque éphémère pour des créateurs qui souhaiteront tester leur idée de restaurant ou autre chose et qui n’auraient pas les moyens de louer un local en ville, pour une durée qui variera selon l’activité. »

Calendrier

  • Septembre 2019 : installation du pôle universitaire interdisciplinaire dédié aux cultures numériques-Université de Nantes
  • Second semestre 2019 : Hôtel d’entreprises innovantes
  • 2020 : livraison du dernier programme : Créative Factory, food hall

Au rez-de chaussée des Halles, 200 places seront réservées au food hall, une mezzanine pourra accueillir une centaine de personnes et une terrasse sur le toit proposera 80 places ».  En arrivant, chaque restaurant bénéficiera d’un kiosque déjà aménagé, avec les plaques de cuisson et le matériel minimum. « Mais l’idée n’est pas d’uniformiser le lieu, précise Johanna Sfar. Les idées déco permettant de personnaliser chaque corner seront bienvenues.  » Le contrat est prévu sur 3 ans renouvelables. L’appel à projets, publié au printemps 2019, a suscité l’intérêt : 80 dossiers « recevables » ont ainsi été reçus.

Cet espace sera aussi la dernière étape d’une mutation entamée il y a une dizaine d’années. L’ancien site industriel sera dès lors paré pour accueillir une nouvelle forme d’effervescence.

Chiffres clés

2014 : lancement des travaux

25 000 m² de surfaces construites réparties en 5 programmes

64 M€ d’investissements publics et privés

Plus de 700 étudiants et plus de 1000 actifs attendus en 2020

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