Amazon fait les yeux doux aux TPE-PME

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Le 14 mai dernier, Amazon a invité les entreprises ligériennes à rencontrer à Nantes ses experts afin de les convaincre de se lancer ou de se développer via sa marketplace. Plus de 70 ont répondu présent.

Via un abonnement mensuel sans engagement de 39 €, la plateforme propose ainsi à des acteurs tiers – start-up, commerçants, artisans, industriels… – de profiter de ses 30 millions de visiteurs uniques par mois. « On met à disposition le savoir-faire et les investissements d’Amazon », souligne Patrick Labarre, directeur de la marketplace, évoquant les outils de marketing, de gestion de commande, d’encaissement, ainsi qu’un certain nombre de services additionnels.

Commercialisant des produits de bain sous la marque S&B, Eric Champenois explique qu’Amazon est venu les chercher. « On avait cette image de grand méchant loup, puis on s’est dit « pourquoi pas ?  » Notre activité était au départ à destination des professionnels et on avait une petite boutique sur internet pour les particuliers. Désormais, on a basculé l’essentiel sur Amazon, explique le co-dirigeant d’IDHM. On voit d’abord la marketplace comme un outil logistique plutôt que de vente. Elle nous simplifie la tâche et nous permet de vendre sur toute l’Europe, alors que ce serait très compliqué sinon pour une petite structure de 4 personnes comme la nôtre. » L’entreprise, qui réalise 2000 commandes par mois – soit un quart de son chiffre d’affaires (1M€) – via la plateforme souhaite aller plus loin. Elle a désormais le projet d’aller sur la plateforme états-unienne pour vendre ses produits au marché nord-américain.

Des entreprises récalcitrantes

Reste que l’opération séduction du géant de l’e-commerce n’a pas convaincue tout le monde. Thomas Girardeau, gérant de la boutique de puériculture Dröm, fait partie des récalcitrants. Ce commerçant nantais a ouvert son site internet 6 mois après l’ouverture de son magasin en 2011 et y réalise entre 25 et 30% de son chiffre d’affaires mensuel. Pour lui, rejoindre une marketplace comme Amazon est tout simplement hors de question. « La plateforme prend 15% du CA et oblige à une politique de prix bas pour être bien référencé. Ajouté aux conditions de retour, pour notre typologie de produits, ce n’est tout simplement pas possible », avance-t-il. Membre du Club e-commerce lancé en 2017 par la CCI Nantes St-Nazaire, Thomas Girardeau assure que « personne au sein du club n’est sur une plateforme, car on sait que ce n’est pas viable. Faire du chiffre, ce n’est pas faire de la marge », rappelle-t-il.
Autre risque selon lui à céder au chant des sirènes des plateformes de e-commerce : celui de la dépendance, certains professionnels réalisant la totalité ou la majeure partie de leurs ventes par ce biais. « Si elles augmentent leurs frais ou leur commission, qu’est-ce qui se passe ? », interroge Thomas Girardeau, qui rappelle la règle numéro un dans le commerce : « ne jamais mettre tous ses œufs dans le même panier. »

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