Le Vignoble nantais veut maîtriser son attractivité

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Caractérisé par son emplacement stratégique au carrefour de zones économiquement performantes, le Vignoble nantais entend affirmer son identité et conserver sa qualité de vie. Le tout en attirant de nouvelles entreprises et populations, dans un développement maîtrisé.

Des vignes à perte de vue, les rives de la Loire et de la Sèvre, leurs vallées maraîchères, du bocage…. Derrière l’image de carte postale du Vignoble nantais émerge toute une dynamique économique. Aux côtés des activités identitaires que sont l’agriculture et la viticulture, le territoire se distingue par le développement de l’emploi tertiaire. Sans oublier des acteurs industriels de poids comme Lactalis à Vallet, Janneau Menuiserie au Loroux-Bottereau, Altor Industrie à Clisson, les Ateliers Nantais de Maroquinerie à Saint-Hilaire-de-Clisson, l’usine LU à La Haye-Fouassière, BN à Vertou…

Le Vignoble doit aussi composer avec sa géographie qui le place au centre de trois territoires très dynamiques : l’agglomération nantaise, le nord Vendée et le choletais. D’où son principal enjeu de maîtrise de l’attractivité, afin d’accueillir dans de bonnes conditions les entreprises et une population séduite notamment par des logements plus accessibles que dans la métropole.

 Séduire les entreprises

Pour assurer l’équilibre des forces entre les différents acteurs qui contribuent à son dynamisme économique, le Vignoble s’appuie sur un schéma de cohérence territoriale (Scot) clair. « Il s’agit de préserver les espaces agricoles naturels et viticoles. D’où l’importance de limiter l’étalement urbain, pour l’habitat comme pour l’économie », explique d’emblée Jonathan Retière, chargé de mission au Syndicat mixte du Scot et du Pays du Vignoble Nantais.

Carte Vignoble nantaisDans ce cadre, les intercommunalités, via leur compétence économique, s’activent pour épauler les entreprises. Certes, elles gèrent les zones d’activité, mais leur proactivité les pousse plus loin. Ainsi, par exemple, la communauté de communes Sèvre & Loire a créé, en collaboration avec une dizaine de sociétés, une marque de territoire à vocation économique : L’entraînante Sèvre & Loire, l’esprit d’entreprendre. « Nous souhaitons que les entreprises du territoire se l’approprient, la mentionnent par exemple sur leurs produits, lors d’événements labellisés… Le terme « Entraînante » permet de nous situer, à l’entrée de Nantes, et de montrer notre dynamisme », résume Marion Belloin, chargée de Développement économique à la ComCom. « Nous avons aussi un point relais emploi, pour assurer le rapprochement entre l’offre et la demande. Au départ, il accueillait uniquement les demandeurs d’emploi. Depuis 2015, il aide tous les actifs, en reconversion par exemple, mais aussi les entreprises. Nous personnalisons ce service : nous pouvons présélectionner pour elles des CV, mais aussi les accompagner pour un recrutement », souligne Aurélie Ducerf-Navarro, directrice du pôle Aménagement & Attractivité du territoire.

Thierry Agasse Saint-Julien-de-Concelles

Thierry Agasse, maire de Saint-Julien-de-Concelles

Favorisé par la saturation foncière de Nantes, cet activisme porte ses fruits. Les zones d’activité attirent ainsi des entreprises venues d’ailleurs. C’est le cas récemment du leader de la restauration collective Sodexo, du laboratoire Lips, ou encore du spécialiste de la gestion et de la location d’entrepôts logistiques, Goodman. Ce dernier, qui cherchait à s’implanter dans l’agglomération nantaise, s’apprête à construire un parc logistique comprenant deux bâtiments de 22 000m² et 50 000m² dans la ZAC du Plessis au Loroux-Bottereau. « Nous avons approché la collectivité Sèvre & Loire et l’aménageur, la Sela, qui ont été très réceptifs. Nous avons pu affiner ensemble les études administratives et techniques et avancer rapidement », se félicite Benoît Chappey, directeur du développement France de Goodman.

Assurer une mobilité fluide

Si les acteurs politiques font les yeux doux à ces entreprises, c’est qu’elles sont porteuses de nouveaux emplois pour les habitants. « L’économie fonctionne bien, mais la mobilité sera le sujet important du prochain mandat au niveau intercommunal », estime ainsi Thierry Agasse, maire de Saint-Julien-de-Concelles (Sèvre & Loire), « Regardez Sodexo, récemment implanté dans la ZI de Beau Soleil : ils ont du mal à faire venir du personnel. Les salariés nantais n’ont pas forcément de deuxième voiture or, ici, il y a moins de solutions de transport. Et l’édile, également dirigeant d’Agasse Menuiserie Charpente, implantée à Beau Soleil, d’ajouter : environ 80% des actifs de Saint-Julien travaillent sur Nantes. Et de l’autre côté, 60% des postes pourvus ici le sont par des personnes qui viennent d’ailleurs. » D’où la volonté d’inciter les habitants à travailler sur place. Ainsi à Clisson, où, par exemple, la blanchisserie Elis ouvre une usine, mais aussi une école de formation interne.

Les flux sont d’ailleurs en train de changer. « Aujourd’hui, avec le train, en moyenne 3000 personnes montent à Nantes et 500 descendent vers le Clissonnais. Il y a 5 ans, nous étions à 1500 et 100. ». Dans ce contexte, les collectivités anticipent et travaillent à améliorer les lignes de train (comme l’optimisation du cadencement de la ligne Clisson-Cholet), l’aménagement des abords des gares (comme au Pallet), et à proposer des pistes cyclables (avec l’aménagement du site de la Pierre Percée à la Divatte-sur-Loire, sur le parcours de la Loire à Vélo, par exemple)… D’autant que ces efforts favorisent aussi le tourisme.

L’accent mis sur le tourisme

Doté de la compétence « démarche de promotion du tourisme » depuis 2012, le syndicat mixte porte l’Office du Tourisme du Vignoble de Nantes. Et y met les moyens, avec une quinzaine de personnes à temps plein, et deux accueils à Clisson et Valette. La structure a développé sa mission commerciale via près de 200 partenaires (restaurateurs, hébergeurs…). Elle organise aussi des animations comme le Muscadétours, conçu sur trois jours pour faire découvrir le Vignoble à travers les vignerons, producteurs, artisans… Un volontarisme qui porte ses fruits. « 35 000 personnes sont reçues en moyenne chaque année dans les deux accueils ; nous avons 280 000 contacts via le site internet refait l’an dernier… Alors qu’au niveau national, la fréquentation des Offices de tourisme enregistre une baisse de 3 à 4%, ici, l’année dernière, l’augmentation était de l’ordre de 8% », calcule Benoit Payen, président de l’Office de tourisme du Vignoble de Nantes. Résultat, « on estime que 500 000 personnes passent sur notre territoire, hors habitants. Et 1€ versé rapporte 8€ à nos partenaires », assène-t-il. 

Chiffres clés

  • 137 000 habitants au sein du territoire couvert par le Syndicat mixte du Scot et du Pays du Vignoble Nantais
  • 29 communes : 11 dans la Communauté de communes Sèvre & Loire, 16 dans la Communauté d’agglomération Clisson Sèvre et Maine Agglo + Basse-Goulaine et Vertou
  • 9262 établissements actifs
  • 43 155 emplois


Sources : Auran, Insee

 

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