The Bridge 2017 : une vague porteuse pour l’économie ?

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A travers The Bridge, qui a lieu en ce moment, la métropole Nantes Saint-Nazaire est en pleine effervescence. Célébrant les 100 ans du débarquement des Américains en 1917, cet événement compte plusieurs temps forts. Avec, dans son sillage, un certain nombre de retombées économiques attendues sur le territoire.

300 000 personnes. C’est le nombre de spectateurs pressenti pour The Bridge, qui se déroule à Nantes et Saint-Nazaire du 16 au 25 juin. Imaginé pour commémorer l’engagement des Etats-Unis aux côtés des troupes alliées, durant la Première Guerre mondiale, et l’arrivée un siècle plus tôt des « Sammies » en terre nazairienne, cet événement s’annonce d’ampleur. Avec diverses animations au programme. The Bridge 2017 donne notamment lieu à la 4e Coupe du monde de basket FIBA 3X3, à un festival de jazz, au retour du Queen Mary 2, escorté par une armada internationale de navires de guerre, ainsi qu’à la « Transat du Centenaire ». Cette course océanique entre Saint-Nazaire et New-York verra s’affronter le paquebot et quatre trimarans ultimes, dirigés par des skippers connus (Thomas Coville, François Gabart, Francis Joyon et Yves Le Blevec). A Nantes, Saint-Nazaire et sur la façade atlantique, The Bridge devrait donc faire des vagues, y compris sur les plans touristique et économique.

Des millions d’yeux braqués sur le territoire ?

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8 M€ : c’est ce qu’a coûté l’affrètement du Queen Mary 2 pour l’événement The Bridge – ©Cunard

Ainsi, pour Nantes et Saint-Nazaire, cette manifestation va être une source de notoriété accrue. Avec un coup de projecteur médiatique. « The Bridge constitue un événement rare dans la vie de notre ville. A cette occasion, ce sont les caméras du monde entier, qui vont se braquer sur elle », assure David Samzun, maire de Saint-Nazaire. Un avis partagé par Damien Grimont. « La Coupe du monde de basket 3X3, par exemple, va inonder les réseaux sociaux de 36 pays du globe ! », souligne le créateur de The Bridge, qui était déjà à l’origine du Record SNSM et de La Solidaire du chocolat.

« Les caméras du monde entier vont se braquer sur Saint-Nazaire »

Ce focus médiatique, couvrant l’événement dans ses différentes dimensions (historique, culturelle, artistique, sportive…), va être comme une fenêtre sur le territoire. Avec vue sur ses divers attraits touristiques. « Le Championnat du monde de basket 3X3 se déroulera sur le parc des Chantiers de l’Ile de Nantes. De quoi faire découvrir, à proximité, le Grand Eléphant et le Carrousel des Mondes marins, qui reflètent la créativité nantaise, souligne Fabrice Roussel, 1er vice-président de Nantes Métropole, en charge notamment du tourisme et des relations internationales. Les évènements nautiques permettront, de même, de donner à voir notre patrimoine fluvial et culturel. » Le premier édile nazairien, de son côté, voit dans The Bridge l’opportunité de « renouveler le regard sur Saint-Nazaire, en la présentant comme une ville qui a le goût du projet. » Plus largement, pour l’ensemble des acteurs qui travaillent à renforcer l’attractivité du territoire – c’est le cas de l’agence Nantes Saint-Nazaire Développement -, The Bridge constitue de fait un levier majeur.

Un nombre accru de nuitées

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Damien Grimon ©Th.Martinez

Une notoriété « dopée », avec aussi du business à la clé… Car les spectateurs, présents sur place pour la manifestation ou derrière leurs écrans, pourront découvrir la région et être tentés d’y (re)venir. Sans attendre ces impacts à moyen ou long terme, The Bridge enregistre déjà des retombées touristiques pour le territoire. Le secteur hôtelier fait partie des premiers bénéficiaires, avec des établissements tous complets, depuis quelques semaines, aux dates de l’événement. Selon Damien Grimont, la compétition mondiale de basket à Nantes, entre les 200 athlètes présents, les organisateurs, les sponsors ou encore les spectateurs, devrait générer 350 K€ de retombées en nuitées. A cela s’ajouteront, pour cette manifestation sportive et les autres animations liées à The Bridge, les dépenses en restauration et en shopping, que ne manqueront pas d’effectuer les spectateurs sur place.

Sur le littoral ou à Nantes, les entreprises liées au tourisme et autres acteurs économiques anticipent d’ailleurs cette « déferlante humaine », en espérant la capter, puis la transformer en chiffre d’affaires additionnel. Le dimanche 25 juin à Saint-Nazaire, jour où le « géant des mers » et les multicoques débuteront leur traversée vers New-York, les commerces de centre-ville ouvriront ainsi exceptionnellement. Au fur et à mesure qu’on approche de l’évènement, The Bridge apparaît ainsi comme un vecteur d’accélération économique. « En termes d’investissements engagés et de retombées pour le territoire, cet événement s’inscrit dans un rapport de 1 à… 10 », avance d’ailleurs Damien Grimont.

Club des 100 : des entrepreneurs sur le pont

Réunies au sein du Club des 100, dans le cadre de The Bridge, près de 150 entreprises vont vivre une expérience atypique, lors de la traversée de l’Atlantique à bord du Queen Mary 2. Avec 6 jours en mer, coupés de leur quotidien et de leurs problématiques professionnels. L’idée ? Transformer ce huis-clos maritime en un temps de réflexion collective et d’expérimentations sur les mutations à venir. « Via des ateliers de co-working, organisés suivant des méthodes collaboratives, les membres du Club des 100 vont être invités à décrypter et analyser un monde en pleine bascule, explique Yves Gillet, son président. Quatre questions principales seront alors abordées : les nouvelles technologies comme l’IA (intelligence artificielle, NDLR) ou la robotique, la mondialisation, le changement climatique ainsi que le rapport à soi et aux autres. »

A travers ces différents prismes, ce sont les conditions (digitales, organisationnelles, économiques, sociétales, environnementales…) d’un développement durable et responsable pour l’entreprise, qui vont être examinées. D’après Patricia Brochard, co-présidente de Sodebo et marraine du Club des 100, la visée de ce Transat du Centenaire, embarquant des chefs d’entreprise, sera « d’écrire, avec la collaboration d’experts, de jeunes et de visionnaires, les bases d’un projet commun sur la place et le rôle de l’entreprise de demain. »

Outre les retombées pour les professionnels du tourisme (commerçants, restaurateurs, hôteliers, etc.), l’événement constitue l’opportunité, pour le territoire, de promouvoir les domaines économiques où il sort du lot, en profitant de ce focus sur ses activités et filières à la pointe. En mettant en avant le Queen Mary 2, qui fait partie des paquebots les plus prestigieux, The Bridge va notamment permettre de souligner les compétences et savoir-faire maritimes de la région. Et constitue ainsi une vitrine de plus, dont peuvent bénéficier les chantiers navals, leurs sous-traitants et les autres industriels de la métropole Nantes Saint-Nazaire.

Valoriser les innovations des jeunes

Incitant des acteurs très divers du territoire à travailler ensemble à la construction de cet évènement (lire l’encadré « Le jeu collectif à l’œuvre »), The Bridge réserve également une place, notamment médiatique, à l’engagement entrepreneurial. Ainsi, l’affrètement du Queen Mary 2 (8 M€) a pu être réalisé via le concours financier de particuliers, ayant réservé des cabines à bord, mais surtout d’entrepreneurs réunis dans le Club des 100 (lire l’encadré). Aux côtés de philosophes, d’artistes, de sportifs et de grands témoins (Erik Orsenna, Nathalie Dessay, Patrick Lagadec…), plus d’une centaine d’entreprises embarqueront ainsi, du 23 juin au 1er juillet, à bord du liner transatlantique.

Parmi elles figurera le groupe de logistique IDEA, dont le vœu est de mettre en avant les jeunes générations lors de la traversée. « Quand ce projet est né, avec d’autres entrepreneurs, nous nous sommes demandé s’il n’y avait pas un moyen de valoriser les jeunes qui créent l’avenir d’une manière ou d’une autre, qu’ils soient apprentis, chercheurs ou startupers. Nous avons donc invité des institutions ou de grandes écoles comme la Région, la CCI Nantes St-Nazaire, l’Université de Nantes à en identifier chacune de leur côté pour l’évènement, explique Bruno Hug de Larauze, son PDG. Sur le Queen Mary 2, aux côtés de ces 100 jeunes retenus, nous pourrons valoriser leur investissement, leurs innovations et leurs efforts pour bâtir demain. » Au final, à travers The Bridge, l’économie et le tourisme dans l’Ouest espèrent donc voguer plus vite.

Le jeu collectif à l’œuvre

The Bridge, c’est aussi pour ses organisateurs l’opportunité de décloisonner les univers. Et d’établir ces passerelles entre acteurs, qui permettent souvent de mieux avancer aujourd’hui. Selon le point de vue de Damien Grimont, la réussite de cet événement réside précisément dans ce qu’il appelle une « construction en bridge ». « Agents des collectivités, marins, acteurs associatifs, politiques, jazzmen, entrepreneurs, jeunes, vieux… Toutes les parties prenantes de la société et du territoire se sont mobilisées, ont établi entre elles des ponts, pour réussir ce que chacune, seule, ne pouvait réaliser. The Bridge, c’est cette capacité à travailler ensemble pour franchir les impossibles », dit-il. De même, les co-bâtisseurs de « The Bridge » ont mis la main à la poche. Pour financer cet événement (16 M€), aux côtés de ses partenaires (Réalités, Réauté et CIC Ouest), 6 collectivités – Région Pays de la Loire, Région Bretagne, Loire-Atlantique, Morbihan, Nantes Métropole et Saint-Nazaire – ont notamment apporté 1,5 M€.

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