4 entrepreneurs qui œuvrent pour un avenir meilleur

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Ils ont fait évoluer leur entreprise ou ont créé une activité dans le but de contribuer – à leur façon – à changer le monde… Zoom sur quatre entrepreneurs qui, chacun dans leur domaine, prouvent qu’on peut faire bouger les lignes sans mettre en danger son business.

Ad’Hoc Media : réduire son empreinte écologique

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Hugues Malhere, dirigeant d’Ad’Hoc Media – ©Le Kwalé

C’est en longeant les côtes aux commandes de son voilier, qu’Hugues Malhère, fondateur d’Ad’Hoc Media dresse un constat sans appel : « depuis 20 ans, je vois de plus en plus de déchets dans les mers. »

Le dirigeant de cette entreprise d’impression numérique se sent particulièrement concerné par la pollution : « des centaines de mètres carrés de bâches plastique, kakémonos, etc., sont jetés après chaque salon ou manifestation. » Dès 2006, Ad’Hoc Media met en place un programme de recyclage des bâches plastiques et reçoit la certification Imprim’vert en 2007. Depuis, l’entreprise nantaise n’a de cesse de cultiver sa démarche d’engagement en matière de développement durable. En 2009, elle est la première en France à utiliser des encres latex, sans solvant. En 2014, elle s’associe à l’entreprise bretonne Algopack pour proposer un nouveau produit à base d’algues, Algoblend, qui remplace les panneaux PVC. « L’objectif est de s’affranchir totalement du PVC en 2020 », précise Hugues Malhère.

Former ses salariés et sensibiliser de nouveaux clients à cette démarche est un défi constant pour le dirigeant. Cela implique par exemple de « vendre » des panneaux en PVC recyclés moins blancs que les précédents, ou un produit écologique plus cher de 10 % car plus coûteux à produire. Chaque avancée est une victoire pour Ad’Hoc Media (17 salariés – 1,5 M€ de CA), qui augmente la part des produits éco-conçus de 10 à 15 % chaque année.

Hera-Mi : mieux combattre le cancer du sein

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Sylvie Davila, co-fondatrice de Hera-Mi

Apporter sa contribution à la lutte contre le cancer du sein, un fléau qui touche une femme sur huit, c’est l’ambition de Hera-Mi. Comment ? En favorisant un meilleur diagnostic. Née en avril 2017 à Villeneuve en Retz, la jeune entreprise installe déjà des antennes en Europe et aux Etats-Unis. Un développement éclair mené par Sylvie Davila.

Ce docteur en biologie a travaillé cinq ans dans le domaine de l’imagerie médicale avant de se lancer avec Bruno Scheffer, radiologue spécialisé en imagerie mammaire et neurologie, dans une recherche spécifique sur le diagnostic précoce du cancer du sein. « Il est guérissable dans 90 % des cas avec un dépistage précoce », souligne la chercheuse.

Commercialisé en janvier 2019, le logiciel d’aide au diagnostic utilisant l’intelligence artificielle permettra l’analyse automatisée des différentes modalités d’imageries médicales (mammographie, échographie, etc.). Incubée par Atlanpole, Hera-Mi a pris au printemps dernier son envol. La start-up a bénéficié du soutien de l’écosystème régional avec une entrée au capital de Centrale Innovation et du fonds tripartite Audencia Alumni/Audencia Business School/CCI Nantes St-Nazaire. Récemment lauréate de l’événement Start West, l’entreprise prévoit une levée de fonds de 500 k€ en septembre pour poursuivre son développement.

Le Reflet : le pari gagné de la différence

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Restaurant Le Reflet, à Nantes – ©Brigitte Delibes Photographie

Nantes, quartier Bouffay. En entrant dans ce restaurant « extraordinaire », comme il l’affiche lui -même, le client reçoit un accueil cinq étoiles. Sourires au menu de la part de l’équipe du Reflet, visiblement fière de sa réussite.

Flore Lelièvre, sa fondatrice, architecte d’intérieur, a porté ce projet dans le cadre de son diplôme de fin d’études, avec une problématique spécifique : où son frère, trisomique, aurait-il pu travailler ? Le restaurant ouvert en décembre 2016 compte aujourd’hui 6 salariés porteurs d’une trisomie 21 sur 10 employés, valorisant ainsi la mixité professionnelle entre travailleurs classiques et handicapés dans un secteur d’activité concurrentiel.

Au lieu de se tourner vers le modèle associatif, la jeune créatrice a fait le choix d’en faire « une entreprise à part entière ». « Je voulais prouver que l’on pouvait créer un restaurant rentable, sans faire appel aux subventions », commente-t-elle.

La société comprend aujourd’hui une quarantaine d’actionnaires, entreprises et particuliers. Le Reflet tourne à plein régime, avec un taux d’occupation de 87 % et un chiffre d’affaires de 230 k€ en 2017. De quoi donner des envies de développement… qui se traduisent par l’ouverture d’un deuxième restaurant à Paris avant la fin de l’année. Pour financer l’aménagement du matériel adapté au handicap des salariés, une campagne de crowdfunding a été organisée.

Aplix : l’engagement au service de la performance

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Sandrine Pelletier, dirigeante d’Aplix – ©Le Kwalé

En 2016, quand Sandrine Tellier, dirigeante d’Aplix, deuxième fabricant mondial d’auto-agrippant installée au Cellier (1000 salariés, 208 M€ de CA) a décidé de s’engager dans la labellisation RSE Lucie, elle a commencé par demander leur avis aux salariés. « Nous avons lancé une grande réunion, pour leur permettre de s’exprimer sur tous les sujets qui les concernent. Beaucoup de questionnements ont émergé, qu’il nous a semblé essentiels de régler avant de poursuivre la démarche. » Environ 250 « cailloux dans la chaussure », comme les appelle la dirigeante, regroupés en 40 sujets à travailler sont ainsi identifiés. « Nous avons lancé la démarche « ADN », expression trouvée par les salariés pour « l’avenir dépend de nous ». Nous avons initié la co-construction de solutions, en activant un travail en réseau. » Des ateliers sont organisés, réunissant des salariés de tous les services et niveaux hiérarchiques.

Ce travail de fond mené sur un an et demi a porté ses fruits tant dans la qualité de vie au travail que dans la définition de nouveaux produits. L’extension de l’usine sur 17000m2 qui aboutira en 2019 prévoit un espace de vie consacré au sport, aux événements festifs, au repos et à la formation pour les salariés, qui organisent eux-mêmes son aménagement. 80 à 100 recrutements viendront accompagner cette extension, notamment en R&D.

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