Ceser : un laboratoire d’idées au service de la région

Google+ Pinterest LinkedIn Tumblr +

Il existe depuis plus de 45 ans, mais c’est un acteur souvent méconnu de ceux qu’il représente. Zoom sur le Ceser Pays de la Loire.

Installé en bord de Loire, au sein du Conseil régional, le Conseil économique social et environnemental (Ceser) des Pays de la Loire est un organe consultatif qui réunit 120 conseillers. Leur mission est double. D’une part, ils produisent, à leur initiative, des études et élaborent des préconisations dans l’intérêt du développement régional. D’autre part, ils examinent tous les projets du Conseil régional et répondent aux demandes de la présidente – voire de l’Etat, via le préfet – sur les questions qui entrent dans le champ de compétences de l’institution.

Rendre la complexité intelligible

Son président, Jacques Bodreau, évoque « une institution qui, dans sa représentativité et sa capacité à créer du débat et faire le lien entre différentes organisations, est unique ». De fait, le Ceser apparaît comme une photographie de la société civile organisée, avec des membres représentant plus de 60 organisations, issus du monde économique, social et associatif ligérien. Une photo sur laquelle la parité hommes-femmes est en progression, mais où n’apparaissent que peu de jeunes et encore moins de diversité, convient le président.

Jacques Bodreau, président du Ceser Pays de la Loire – © Région Pays de la Loire / Ouest Médias

Arrivé à mi-mandat, cet ancien dirigeant dans l’ingénierie dresse un premier bilan. « On a eu la crise des gilets jaunes et l’interpellation du gouvernement se rappelant tout à coup le rôle des corps intermédiaires, la décision de Notre-Dame-des-Landes, le Contrat d’avenir, la décision sur Nantes-Atlantique et la centrale de Cordemais. On aurait pu ne pas être à l’heure, mais on a su dépasser une organisation obligée pour aller vite dans des propositions concrètes. »

Malgré une actualité riche, il n’en oublie pas la raison d’être de l’institution. « Dès le départ, j’avais exprimé la volonté que le Ceser soit le lieu de la prospective. Je renouvelle cette volonté, parce que c’est une nécessité. Dans un contexte où les territoires sont en concurrence entre eux, il faut être capable d’élaborer des stratégies de long terme. Or, la vocation du Ceser est justement de prendre en charge la complexité et de la rendre intelligible. »

Quel rôle vis-à-vis des entreprises ?

Reste que, pour nombre de dirigeants, le rôle de l’assemblée jumelle du Conseil régional n’est pas toujours évident. « On a un effort à faire en matière de communication, reconnaît Jacques Bodreau. La liaison se fait le plus souvent à travers les diverses organisations et ce schéma est peut-être limité. On veut se donner la possibilité d’expérimenter d’autres formes d’échanges. Il est dans notre logique de fonctionnement d’être disponibles pour un chef d’entreprise qui nous sollicite sur une problématique. »

L’institution fait elle-même appel aux dirigeants pour étayer ses analyses. Et de citer l’étude sur l’industrie du futur qui sera livrée en décembre. « Le rapport met aussi en scène le monde académique – recherche, Université, technocampus… – et ça, au niveau régional, personne d’autre ne peut le faire », revendique le président du Ceser.

Exerçant un deuxième mandat de conseiller au sein de l’institution, Patrice Pollono complète : « le Ceser peut être utile aux entreprises dans le sens où il est moins marqué politiquement. Vis-à-vis des élus, on peut mieux porter certaines propositions du monde patronal pour le développement de l’économie. »

Peser dans les débats

Patrice Pollono Ceser

Patrice Pollono, conseiller au Ceser – © Région Pays de la Loire / Ouest Médias

Concrètement, comment se traduit le travail des conseillers ? Ancien entrepreneur dans les travaux publics, Patrice Pollono représente la CCI Pays de la Loire. Il est aujourd’hui vice-président d’une des sept commissions. Intitulée « Infrastructures – Déplacements – Télécommunications – Énergies », elle réunit des représentants patronaux, des syndicats de salariés et quelques associations, souvent environnementalistes. « Toute la difficulté réside dans la nécessité de faire avancer les sujets en tenant compte des sensibilités de chacun », explique le conseiller.

Le dernier sujet traité – une contribution en auto-saisine sur le réaménagement de l’aéroport Nantes-Atlantique – donne une idée de l’intensité des débats qui peuvent se dérouler au sein des commissions… « Cette aérogare a été conçu pour trois millions de passagers et il en compte actuellement sept, avec des dysfonctionnements de partout, l’Etat n’ayant pas du tout joué son rôle », pointe Patrice Pollono. Notre objectif a été de peser dans le débat public en faisant des recommandations qui puissent être comprises par tous et applicables rapidement. Nous sommes obligés de faire des concessions parfois, mais pas là : mis à part la question du bruit, il n’y a pas de problème d’environnement si on ne touche pas trop à la piste. » Cette contribution a d’ailleurs été adoptée par 96 voix sur 97 votants. « Malgré des positions et des intérêts différents, on est arrivé à un rapport qui dit les choses très clairement : il faut aller vite sur le réaménagement », conclut Jacques Bodreau.

Chiffres clés

  •  120 conseillers nommés par le préfet de région pour 6 ans
  • 55% d’hommes et 45% de femmes
  • 55 ans de moyenne d’âge
  • 7 commissions thématiques
  • 12 permanents, salariés du Conseil régional
  • 2 M€ de budget annuel, soit environ 1% du budget du Conseil régional
Partager