Atlanpole, rouage clé de l’innovation

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Le dynamisme et la polyvalence de cette technopole font d’elle un partenaire territorial de l’innovation incontournable pour les entreprises.

Si Atlanpole était une candidate, elle déroulerait un CV impressionnant. « Souvent, on nous réduit à un incubateur, alors qu’il ne s’agit que du premier étage de la fusée », souligne son délégué général, Jean-François Balducchi. La technopole pilote ou copilote également plusieurs pôles de compétitivité. Elle est aussi membre de plusieurs réseaux locaux, nationaux ou internationaux.

« Casser des murs, construire des ponts »

Son rôle clé vient d’ailleurs d’être valorisé par l’IASP (International Association of Science Parks and Areas of Innovation). Ce réseau mondial des technopoles et écosystèmes d’innovation l’a en effet sollicité pour accueillir sa prochaine conférence en 2019, à Nantes. Une reconnaissance pour cette structure qui a, depuis sa création il y a bientôt 30 ans, à cœur de « décloisonner et connecter. »

Une tâche pas toujours aisée, reconnaît pourtant son dirigeant. « L’innovation est devenue un enjeu partagé, ce qui a permis la naissance d’écosystèmes, avec à la fois des intervenants publics et privés. » Atlanpole travaille avec tous ces acteurs.

Pour Jean-François Balducchi, c’est une chance car cet écosystème dense participe au dynamisme du réseau. Mais c’est aussi une contrainte. « Mon travail consiste à casser des murs pour construire des ponts », illustre-t-il. Et comme la technopole est un outil mutualisé, les parties prenantes (collectivités, CCI…) peuvent être tentées de moins s’investir. Pour se faire entendre et convaincre, il faut sans cesse faire œuvre de pédagogie… « On propose parfois des projets à risque, comme la création de la filière radio-pharmaceutique, avec un retour sur investissement qui ne peut pas être immédiat. »

Une sélection drastique

Dirigeant Atlanpole depuis 21 ans, Jean-François Balducchi en est incontestablement l’homme clé. Lui préfère évoquer un rôle de « chef d’orchestre d’une équipe légère, mobile. »

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Les conseillers d’Atlanpole font un suivi régulier des entreprises qu’ils accompagnent. Ici, la start-up Magnav (à gauche) – ©NL

Eloïse Denis-Pechard fait partie de l’équipe BIC (Business innovation center). Sa mission consiste à repérer les talents, en sensibilisant par exemple les étudiants, les chercheurs, à la création d’entreprise innovante. Elle évalue également les projets, plus particulièrement numériques.

Conscients de la valeur ajoutée d’Atlanpole, les porteurs de projets sont nombreux à taper à sa porte, dans l’espoir de bénéficier de son soutien. Un seul chiffre suffit à les convaincre : 91 %. Il correspond au taux des entreprises accompagnées, qui franchissent avec succès le fameux cap des 5 ans.

Il faut dire que la sélection à l’entrée est drastique. En 2016, sur les 315 diagnostics réalisés, seuls 35 nouveaux dossiers ont été accompagnés. « On évalue la qualité d’un projet, ainsi que son potentiel pour le développement économique du territoire en termes d’emplois », résume Samuel Bachelot, conseiller développement innovation.

Solidifier les entreprises dans le temps

Corentin Bougaran et Swann Guillet, co-fondateurs de Magnav, font partie des entrepreneurs qui ont franchi avec succès la sélection. Leur start-up propose aux marques d’entrer en conversation avec leurs clients, en passant par les réseaux sociaux et les influenceurs. Déjà soutenue par l’accélérateur d’Atlanpole, elle est passée il y a quelques semaines devant un comité. Objectif ? Poursuivre l’accompagnement dans sa version longue durée.

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Luis Das Silva et Thibaut Jarrousse, associés de la start-up 10-Vins accompagnée par Atlanpole – ©NL

« Le projet a beaucoup plu au comité. Il inspire confiance, de même que les dirigeants », commente Eloïse Denis-Pechard qui suivait jusque-là les entrepreneurs. Elle a désormais passé la main à Samuel Bachelot pour l’accompagnement sur 5 ans. « On est un des rares acteurs à suivre les entreprises sur un temps aussi long », souligne Eloïse Denis-Pechard. « Notre credo, c’est de solidifier les entreprises dans le temps. On est un peu leur colonne vertébrale », renchérit Jean-Marc Sevault, qui fait de l’accompagnement-développement.

10-Vins fait partie des entreprises qu’il suit.  « Nous avons un comité stratégique tous les trimestres avec nos investisseurs, mais ils sont forcément juge et partie. Travailler avec Atlanpole nous permet de sortir de cette vision entonnoir. Cela nous a notamment aidés à faire des choix risqués, mais payants sur 2 à 3 ans, résume Thibaut Jarrousse, co-fondateur de la start-up, souvent présentée comme le Nespresso du vin. Nous avons aussi bénéficié de la taille et de la qualité du réseau d’Atlanpole. » L’entreprise, qui a abordé un tournant stratégique il y a quelques mois en s’adressant désormais à une cible BtoB, arrive bientôt au bout de l’accompagnement de la technopole. Bien armée, elle regarde l’avenir avec confiance.

Chiffres clés

  •  4 domaines de compétences (numérique, biotech-santé, industries, cleantech)
  • 25 salariés dont 7 chargés de détecter, évaluer et accompagner les projets et entreprises
  • 97 entreprises et projets d’entreprises accompagnés en 2016
  • Budget :
    • 40 % = membres du syndicat mixte (Cap Atlantique, Carene, CCI Nantes St-Nazaire, CHU de Nantes, Conseil départemental, Conseil régional, Nantes Métropole, Université de Nantes, La Roche sur Yon agglomération)
    • 35 % = Etat et fonds européens (Feder).
    • Le reste = financement privé (entreprises)
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